jeudi 11 juin 2026
Infantilisme
Peut-on vraiment croire à la sincérité de Gianni Infantino quand il déclare qu’il est pour la libération du journaliste français de So Foot, emprisonné depuis plus d’un an en Algérie ? Pense-t-il réellement que c’est en faisant cette mise en scène de la chaise vide qu’il va contribuer à sa libération prochaine ? Parfois, pour ne pas dire souvent, ceux qui versent des larmes de crocodiles devant les caméras sont ceux qui sont les plus satisfaits du sort qui vous est fait.
Le président de la FIFA sait pertinemment que ce n’est pas ainsi que l’on obtiendra gain de cause : une grâce ne s’arrache pas à la force du poignet, elle se quémande. Gianni en bon italien (d’origine), féru de la comedia dell’arte, avance masqué tel un Arlequin tout en jouant au Matamore. Avait-il besoin de cet acte de bravade pour demander la libération d’un journaliste, certes, mais qui n’a pas été condamné en tant que tel par la justice algérienne ? N’a-t-il pas eu le loisir de s’entretenir de ce sujet avec le président algérien lors de l’entrevue qui lui fut accordée par celui-ci le 09 avril 26 ? Au sortir de celle-ci, le number one de la FIFA n’avait-il pas déclaré : « President Tebboune is a great man ». Dans le secret des alcôves, le cas Gleizes a-t-il été évoqué ? Si oui, pourquoi donc revenir à la charge ?
En cas de grâce dans les prochains jours, Gianni dira à qui voudra l’entendre : « vous voyez, c’est grâce à moi que cette chaise n’est pas restée vide jusqu’à la finale de la coupe du Monde » et dans le cas contraire, il pourra toujours se targuer d’avoir tout fait pour obtenir la libération du journaliste de So Foot. On appelle cela « gagner à tous les coups ».
Ce ne peut-être qu’une victoire à la Pyrrhus car son règne sera marqué à jamais par le larbinisme et la soumission au cowboy qui règne à Washington : le refus de laisser entrer le meilleur arbitre africain sur le territoire américain sans qu’il n’y voie une quelconque entrave au bon déroulement de ce Mondial restera comme LA tache indélébile, symbole d’une mauvaise gestion de ce rendez-vous planétaire par cette grande organisation sportive qui compte plus de membres que l’ONU.
Oui, le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit mais Gianni n’en n’a cure, signe évident d’un infantilisme avéré.
Abdennour Nouiri, Docteur en sciences économiques de l’université de Montpellier 1, professeur de l'enseignement supérieur et ancien directeur du laboratoire Marketic de HEC Alger, Consultant international, Auteur de plusieurs ouvrages universitaires et d’un roman « Mériem ou la déchirure », Vice-président de la commission Éthique du Comité Olympique et Sportif Algérien, Président de l'associations « Intercol », Ancien président-fondateur de l'association Start-INC, Ancien sous directeur des Investissements au ministère du commerce, Ancien président de la ligue Algéroise du Sport Universitaire, Ancien membre de la Fédération Algérienne de Basketball, Ancien membre du Comité d’Organisation des Jeux Africains d’Alger (1978), Ancien pratiquant en Athlétisme et en Handball, Journaliste sportif depuis 1972
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire