dimanche 5 juillet 2026

Précipitation

Le 24 janvier 2024, Sadi annonçait avoir trouvé un accord à l’amiable pour une démission de Belmadi après une autre élimination en phase de poule de la CAN organisée cette fois par la Côte d’Ivoire. Le président de la FAF avait réagi promptement et c’est à l’hôtel même où résidaient les Fennecs que cette démission aurait été obtenue. Il fallait circonscrire l’incendie avant qu’il ne fasse des dégâts. En 2026, le ministre-président a fait mieux puisqu’il a obtenu la fin de contrat de Petkovic et dans la foulée, il fait fuiter par le canal du journal Compétition la nomination d’Antar Yahia comme successeur du Suisse. Là il fallait faire encore plus vite car le feu était dans la bergerie et il risquait de l’emporter lui et tout son bureau fédéral. Des vidéos provenant de Vancouver montraient des supporters aux abords de l’hôtel des Verts scandant : « Sadi démission » !
De nombreux observateurs algériens et étrangers sont revenus sur le renouvellement précipité de contrat de Petkovic (avec augmentation de salaire) en s’interrogeant sur le pourquoi d’un tel arrangement avant même le début de la coupe du monde. Lors de l’intronisation du Bosno-Suisse, une commission composée de techniciens (dont le directeur technique national Ameur Mansoul comme président ainsi que l’ancien entraineur national Rabah Saadane) avait donné son feu vert à la nomination de Petkovic après avoir examiné plusieurs CV. Cette fois-ci, par contre, la seule responsabilité de Sadi serait pleinement engagée. Il se dit même que cette extension de contrat ne figurerait même pas à l’ordre du jour d’une quelconque réunion du bureau exécutif. Et voici comment le président Sadi pensait couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs : frapper fort, rapidement et donner à la plèbe ce qu’elle demandait, à savoir une figure emblématique du football algérien à la tête des Verts. Mais voilà, dans cette course de vitesse effrénée, l’ancien protégé de Raouraoua a choisi le CV le plus léger pour un sélectionneur national depuis l’indépendance. Chroniqueur sur Al24News pendant cette coupe du monde, Anthar Yahia n’a comme expérience qu’une pige comme entraineur des U19 d’Angers ancien pensionnaire de nationale 3 puis relégué en régionale et qui a mis depuis la clé sous le paillasson. Avant d’être sur le terrain, cet ancien international, qui ne possède que le diplôme A de l’UEFA, avait occupé diverses fonctions de dirigeant notamment à Orléans et à l’USMAlger. Madjer avait un CV plus étoffé. Cette fuite en avant pourrait être fort préjudiciable au football algérien qui risque de connaître bien des soubresauts. Un retour au calme ne pourra intervenir que lorsque toutes les erreurs commises par les uns et les autres auront été clairement définies et leurs auteurs nommément identifiés. On ne peut faire l’économie d’une véritable introspection voire d’un large check-up car l’AG de la FAF n’est pas exempte de tout reproche, elle qui laisse faire ! On ne bâtit pas sur du sable ! Cela, il faudra bien en tenir compte.
PS: la nuit porte conseil dit-on ! Je me suis trouvé pendant quelques heures comme cette captive de Barbe bleue, dans ce conte de Charles Perrault, qui disait: "Anne sœur Anne, ne vois-tu rien venir...?" et pour moi aussi la réponse devenait évidente : "Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie"! Point de communiqué officiel de la FAF confirmant la nomination d'Anthar Yahia! Et si moi aussi, comme tant d'autres confrères, je m'étais précipité pour rédiger cette chronique? Ainsi cette info lancée par la journaliste de Compétition sur sa vidéo et relayée par certains journalistes que je connais ne serait qu'un attrape-nigaud? Et pourtant, elle s'était répandue comme une trainée de poudre. Un simple ballon d'essai pour tester la réaction de l'opinion publique (avec la complicité volontaire ou non de ma consœur)? Quoiqu'il en soit cette chronique reste de mise car pour l'essentiel, ce n'est pas sur le nom du futur sélectionneur qu'elle se cristallise mais bien sur la manière de le désigner. Des développements ultérieurs vont avoir lieu et très probablement on apprendra que l'annonce de la nomination de ce néophyte n'était qu'un leurre... Wait and see!

dimanche 28 juin 2026

La 70ème

Quand on a l’ambition de reprendre un blog débuté en 2014, du temps où j’avais une chronique hebdomadaire à la chaine 3 (tous les samedis matins) et lequel blog a été poursuivi avec d’autres chroniques hebdomadaire (cette fois publiées dans El Moudjahid), mais que j'ai honteusement délaissé par la suite (pendant de longues années), il faut s’astreindre à une certaine discipline (surtout quand aucun organe n’attend vos écrits). Pour alimenter ce blog pendant cette coupe du monde, ce ne sont pas les thèmes qui manquent. Sincèrement je me préparais à jeter l’anathème sur une certaine FIFA, vestibule, s'il en faut, du Grand Capital et les idées ne manquaient pas. Mais, au moment d’écrire cette chronique, un autre sujet s’est imposé de lui-même. On vient de faire trembler l’Autriche (qui l’espace de 90 secondes s’est vue jeter à la rue) sans crier gare ! Bon le football est ce qu’il est : Moi, je ne parle pas de revanche au regard de ce match dit "de la honte" de 1982 (qui nous avait éliminé au profit d’une Allemagne que nous avions pourtant terrassée). Mais à quoi bon ressasser ces mauvais souvenirs, « li fat mat » (ce qui est passé est passé). Ecrire sur la FIFA alors que nos Fennecs viennent de se qualifier pour les seizièmes de finale ? Que non ! Son tour viendra bien assez tôt à cette Fabrique Industrielle de Fric Audiovisuel. Par contre parler de Lawrence, c’est maintenant car on ne sait pas ce que nous réserveront les Helvétiques (tiens Petkovic, n’est-il pas suisse lui-même et n’a-t-il pas été leur entraîneur au moment où ils avaient battu l’équipe tricolore ? Bizarre, comme c’est bizarre). Oui, il me faut vous parler de Lawrence -et pas d’Arabie- mais d’Algérie, comme l’a si bien trouvé mon ami Aziz Farès, mon ancien collègue de la radio, de son lointain Canada. Lawrence, ville du Kansas, aurait été méconnue de l’ensemble des Algériens si nos Verts n’y avaient pas établi leur camp de base. Et oh surprise, ce fut le coup de foudre ! Oui, cela peut arriver et nous en sommes les témoins, une ville de 90 000 habitants est tombée amoureuse de notre équipe nationale. Il n’y a pas d’amour dit-on, il n’y a que des preuves d’amour et dans ce registre, nos hôtes n’en ont pas été avares.
Dès leur arrivée à Lawrence, les coéquipiers de Mahrez ont pu mesurer la ferveur qui régnait dans cette ville (et pas seulement parce que certains Algériens des quatre coins des Etats-Unis s’y étaient donné rendez-vous pour acclamer leurs idoles). Non, le spectacle, ce ne sont pas que nos compatriotes qui l’ont animé. Des habitants de tous âges et des deux sexes ont depuis l’arrivée des Verts dans leur ville multiplié les gestes d’affection. Tous les jours, je me suis amusé à partager dans le groupe Parlons sport sur Facebook des vidéos qui me provenaient de Lawrence : là, c’est un artiste célèbre qui a tracé sur une pelouse notre emblème national et qui a mobilisé plus de 150 personnes, qui habillées en vert, qui en blanc et qui en rouge et qui ont reproduit un drapeau géant, « vivant », filmé à partir d’un drone. La fanfare de l’université de Lawrence n’est pas demeurée en reste, elle qui a entonné notre hymne national dans le stade où s’entrainaient les Maza, Hadj Moussa et autre Luca Zidane. Bientôt, l’on vit de jeunes Américains, revêtus de notre maillot national, déambuler dans les rues en chantant "One two three viva l'Algérie". Les magasins affichaient sur leurs vitrines des posters de notre sélection nationale tout en y accrochant des drapeaux algériens. Les chaînes de télé locales s’en sont donné à cœur joie : des directs à toute heure de la journée avec interviews à l’appui et des envoyés spéciaux tout acquis à la cause algérienne. Notre ambassadeur aux USA a quant à lui été accueilli, en grandes pompes, par le maire de la ville et l’on parle déjà d’un jumelage avec une ville algérienne. Alors pour ajouter ma petite pierre à l’édifice de cette amitié naissante entre une ville américaine qui découvre le soccer en même temps que l’équipe algérienne, je propose que ce jumelage se fasse avec Labiodh Sidi Cheikh, notre 69ème wilaya. Ainsi, les habitants du Kansas, et de Lawrence en particulier, pourront-ils découvrir cette région, ancrée dans le piémont saharien et qui s'étend jusqu'à l'extrémité méridio-orientale des Monts des Ksour. D’une altitude d'environ 780 mètres, cette wilaya, nouvellement créée, est limitrophe de celle d'El Bayadh, dont le club a participé, la saison dernière, au championnat professionnel de Ligue 1. Et voilà comment le ballon rond unit les peuples. L’idée mérite d’être creusée et sait-on jamais, un jour prochain, Lawrence, ne pouvant plus se passer du drapeau algérien, demandera, par referendum de ses habitants, à se détacher des Etats-Unis d’Amérique pour devenir la 70ème wilaya d’Algérie. Et ainsi se poursuivra le conte de fée …

dimanche 21 juin 2026

A fric foot

La FIFA reconnaît l'erreur (la faute?) de la VAR mais le résultat sera inchangé car selon la Loi 5 de l'IFAB, les décisions de l'arbitre sur les faits liés au jeu sont définitives. Même si la FIFA admet publiquement une erreur d'arbitrage — comme cela a été rapporté après ce match —, le score de 3-0 en faveur de l'Argentine est définitivement validé et la rencontre ne sera pas rejouée. Alors pourquoi la CAF n'a pas fait la même chose pour la finale de la CAN? Pourquoi avoir déclaré le Maroc vainqueur sur tapis vert? Cela vous donne une idée sur ce que sera la décision prochaine du Tribunal Arbitral du Sport (qui siège à Lausanne) qui sera rendue après la coupe du Monde (juste pour ne pas briser le moral des Marocains durant ce Mondial). Le Sénégal sait que l'on ne peut inverser le résultat acquis sur le terrain même si une erreur a été commise par l'arbitre. La CAF elle aussi le sait fort bien, alors pourquoi toutes ces simagrées, toute cette hypocrisie ? Juste pour calmer pour un temps (une année) la rue marocaine.
La CAF s'est déconsidérée en se prêtant à ce jeu de coulisses nauséabond au service du régime chérifien ! Il est temps que l'Afrique fasse entendre sa voix et qu'elle se débarrasse de cette valetaille vendue corps et âme aux intérêts financiers malfaisants. Mandela doit se retourner dans sa tombe de savoir que son pays compte dans ses rangs un individu tel Motsepe, président sud-africain de la CAF parachuté par la FIFA et le capital international. Une marionnette qui fait honte à tout un continent ! Les membres de la CAF devront dorénavant se rebeller ou se démettre: plus personne ne doit jouer à la politique de l'autruche et dire: "je ne savais pas". À moins d'être soi-même un fieffé coquin et un complice patenté du grand marionnetiste.

jeudi 11 juin 2026

Infantilisme

Peut-on vraiment croire à la sincérité de Gianni Infantino quand il déclare qu’il est pour la libération du journaliste français de So Foot, emprisonné depuis plus d’un an en Algérie ? Pense-t-il réellement que c’est en faisant cette mise en scène de la chaise vide qu’il va contribuer à sa libération prochaine ? Parfois, pour ne pas dire souvent, ceux qui versent des larmes de crocodiles devant les caméras sont ceux qui sont les plus satisfaits du sort qui vous est fait. Le président de la FIFA sait pertinemment que ce n’est pas ainsi que l’on obtiendra gain de cause : une grâce ne s’arrache pas à la force du poignet, elle se quémande. Gianni en bon italien (d’origine), féru de la comedia dell’arte, avance masqué tel un Arlequin tout en jouant au Matamore. Avait-il besoin de cet acte de bravade pour demander la libération d’un journaliste, certes, mais qui n’a pas été condamné en tant que tel par la justice algérienne ? N’a-t-il pas eu le loisir de s’entretenir de ce sujet avec le président algérien lors de l’entrevue qui lui fut accordée par celui-ci le 09 avril 26 ? Au sortir de celle-ci, le number one de la FIFA n’avait-il pas déclaré : « President Tebboune is a great man ». Dans le secret des alcôves, le cas Gleizes a-t-il été évoqué ? Si oui, pourquoi donc revenir à la charge ? En cas de grâce dans les prochains jours, Gianni dira à qui voudra l’entendre : « vous voyez, c’est grâce à moi que cette chaise n’est pas restée vide jusqu’à la finale de la coupe du Monde » et dans le cas contraire, il pourra toujours se targuer d’avoir tout fait pour obtenir la libération du journaliste de So Foot. On appelle cela « gagner à tous les coups ». Ce ne peut-être qu’une victoire à la Pyrrhus car son règne sera marqué à jamais par le larbinisme et la soumission au cowboy qui règne à Washington : le refus de laisser entrer le meilleur arbitre africain sur le territoire américain sans qu’il n’y voie une quelconque entrave au bon déroulement de ce Mondial restera comme LA tache indélébile, symbole d’une mauvaise gestion de ce rendez-vous planétaire par cette grande organisation sportive qui compte plus de membres que l’ONU. Oui, le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit mais Gianni n’en n’a cure, signe évident d’un infantilisme avéré.

lundi 12 février 2024

Mais tais-toi donc !

Moi, on m’a toujours appris que si « la parole est d’argent, le silence est d’or ». « Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler ». C’est dire que la parole dite précipitamment, parfois dans un accès de colère, peut causer beaucoup de dégâts et vous revenir comme un boomerang. Allez une petite fable avant de continuer ! Un jour, le lion, roi de la forêt, rencontre un bûcheron. Le croquer ? Ah la belle affaire ! Le seigneur des animaux s’émeut de voir cet homme chétif transporter ce gros fagot de bois et lui dit : « Vas, je ne te mangerai point ». Une fois revenu au village le bûcheron raconta à qui voulait l’entendre que le lion lui avait laissé la vie sauve mais qu’il avait une mauvaise haleine. Cette remarque fit le tour du village et arriva aux oreilles du Roi Lion. Un autre jour, le bûcheron tombe de nouveau nez à nez avec l’impressionnant fauve. Le lion lui dit : « prends ta hache et donne-moi un coup sur le front sinon je te mange ». L’homme, tremblant de tout son corps s’exécute, le lion ensanglanté lui tourne alors le dos et s’enfonce dans la forêt profonde. Bien des années plus tard, les villageois continuaient de parler de la mauvaise haleine du lion qui s’était rétabli de sa blessure. Une troisième fois le bûcheron tombe sur le lion qui lui dit : « tu vois, ma blessure a guéri, mais les mots durs que tu as dits contre moi continuent de me faire mal » et il l’avala d’une bouchée. La morale de cette histoire, c’est que les mots font plus mal que les coups ! Un clic, une claque Atal aurait dû y penser ! Youcef était promis à un bel avenir ! Transfuge du Paradou, il avait gagné ses galons à l’OGCNice et était devenu indiscutable au poste d’arrière droit chez les Fennecs. Ses déboulés faisaient la joie des puristes et plus d’une fois il avait inscrit des buts au Gym et chez les Verts après des actions individuelles, genre « j’y vais en commando ». Malgré ses blessures récurrentes, Atal avait de beaux jours devant lui au sein du club de la célèbre « Promenade des Anglais ». Mais voilà, sans trop y réfléchir, cinq jours après les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre et le début des bombardements d’Israël sur Gaza, il avait relayé, sur son compte Instagram, la vidéo d’un prédicateur, Mahmoud Al Hasanat. Ce dernier appelait Dieu à envoyer « un jour noir sur les juifs » et à « accompagner la main » des habitants de Gaza s’ils « jettent la pierre ». Et c’est là que Youcef a failli ! Il assimile les juifs aux Israéliens et dans la loi française cela devient de l’antisémitisme, du racisme, voire un appel au terrorisme. Youcef Atal, bien que vivant en France, n’avait pas assimilé cette règle fondamentale : pas d’insultes envers quiconque en raison de sa religion, de sa nationalité, de son orientation sexuelle etc.
Quand on ne sait pas, on se tait ! Cela lui a valu une levée de boucliers de tous les bien-pensants. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il l’avait bien cherché. Quand on est un personnage public et que son compte Instagram dépasse les 3,2 millions d’abonnés, on ne se comporte pas comme si on était un simple footballeur de seconde zone de « Bir Kekchoz » qui veut frimer devant les gosses de son quartier. Je n’ai pas voulu réagir, en tant que journaliste-universitaire-blogueur avant que l’affaire ne soit jugée. Aujourd’hui que la sanction est tombée et la tension retombée, je conseillerais à Youcef Atal (et à tous les footballeurs qui seraient dans le même cas que lui) de s’adjoindre un conseiller en communication ou bien de demander l’avis d’un avocat-conseil. Les conséquences de cette « affaire » sont importantes, presque dramatiques pour ce jeune pétri de talent : tous les projecteurs « bleus blancs rouges » ont été braqués sur ce footballeur de 27 ans et cela en pleine crise mondiale au Proche-Orient. Il n’avait que faire d’une telle publicité ! Certes, il a présenté ses excuses le lendemain même de la publication mais le mal était déjà fait. Mesure-t-il qu’en relayant ce message haineux envers les juifs, il s’en appropriait la teneur ? Aurait-il accepté qu’un autre footballeur de l’Hexagone traite les musulmans de terroristes en appelant Dieu à jeter sur leurs têtes toutes les « plaies » du monde ou retweete seulement un tel message de haine ? J’en viens à la question fondamentale de la formation. Il est de toute évidence que ce jeune homme, très talentueux, n’avait pas été préparé à s’intégrer dans un monde différent du sien au moment où il quittait le Paradou (PAC) pour rejoindre Nice en 2018. On aurait aimé que parallèlement aux instructeurs de foot, il ait été encadré, au sein du PAC, par des éducateurs chevronnés, psychologues, professeurs d’université ou avocats, qui l’auraient préparé à sa vie « d’après ». Il avait à peine 20 ans quand il a été propulsé dans ce monde du football professionnel. Au même âge des parents m’ont confié qu’ils n’avaient pas voulu que leur enfant aille étudier en France car le jugeant beaucoup trop jeune pour se débrouiller seul. Et que dire quand, en plus du manque de maturité, l’argent coule à flots ! Atal va payer cher ce manque de discernement. En plus des 7 matchs de suspension infligés par la Ligue Française du Football Professionnel, la justice l’a condamné à 45 000 Euros d’amende assortis de huit mois de prison avec sursis. Cela fait beaucoup pour un simple clic ! La vice-procureure a déclaré que « ce sont des faits graves, qu’il ne faut pas banaliser. Partager une vidéo, c’est s’attribuer les propos et leur donner une visibilité ». Atal et les autres joueurs de football retiendront-ils la leçon ? Loin de moi l’idée d’affirmer que quand on est un sportif on doit la boucler. Tout comme un artiste, un footballeur a LE DROIT DE DEFENDRE DES CAUSES, le tout est de ne pas piétiner le droit. Et voilà qu’arrive la CAN 2023 en ce mois de janvier 2024. Atal se tait et il a bien raison, sa titularisation face à l’Angola ne restera pas dans les mémoires. Les 7 matches de suspension auront pesé lourd. Mais si lui s’est tu, un entraîneur algérien de la Tanzanie a défrayé la chronique. Et une youtubeuse , fervente supportrice des Fennecs, aussi. Finalement le premier s’est fait débarquer en pleine CAN tandis que la seconde était expulsée « manu militari de Côte d’Ivoire. Pour Attal, finalement les choses semblent rentrer dans l’ordre avec son recrutement à la fin du mercato hivernal par le club de l’Adana Demirspor : mais attention de ne pas se prendre pour un nouvel « Attal turc » !

dimanche 6 septembre 2020

COA: les raisons de la non validation d'une candidature

     Ainsi donc M. Raouf Bernaoui ne fera pas partie des prétendants pour l'élection au poste de président du Comité Olympique et Sportif Algérien (COA). Le président intérimaire du COA, M. Mohamed Méridja, en avait fait l'annonce dès le 03 septembre au terme de la réunion de son comité exécutif. Les raisons du rejet de cette candidature seront détaillées dans un communiqué du COA publié 2 jours plus tard et signé par M. Méridja lui-même.

    On y lit que M. Bernaoui a d'une part été exclu du comité exécutif pour ses absences répétées (et il avait été procédé à son remplacement) et de ce fait aussi de l'AG du COA, et que d'autre part, il ne peut représenter la fédération d'escrime (FAE) tout simplement parce qu'il ne pouvait revenir à la tête de cette fédération suite à la mise de fin de fonction le concernant en tant que ministre de la jeunesse et des sports.

    Ici, il y a lieu de faire un retour en arrière! Quand il avait été nommé ministre de la jeunesse et des sports du gouvernement de M. Bédoui, M. Bernaoui avait demandé à ce qu'un intérimaire soit désigné par sa fédération pour le poste de président qu'il occupait. 

    Avant de poursuivre, il semble évident qu'un ministre de la jeunesse et des sports ne peut être membre et encore moins président d'une fédération placée sous son contrôle: on ne peut être juge et partie! Cela est bien explicité dans les textes qui régissent le sport et notamment la loi 13-05 du 13 juillet 2013 et son article 62.

    Cela étant dit la question pertinente est la suivante: "La fédération d'escrime avait-elle le droit de nommer un président intérimaire?"  

    La réponse est contenue dans le statut-type des fédérations nationales et notamment son article 17 qui stipule clairement que: " Sauf motif dûment justifié, et en cas de démission ou de vacance du poste de président de la fédération sportive nationale, le bureau fédéral doit se réunir en session extraordinaire dans les 15 jours qui suivent  pour constater la vacance et désigner un président par intérim parmi les vice-présidents, par ordre de préséance, chargé de gérer transitoirement les affaires de la fédération. Le président par intérim doit convoquer dans un délai maximum de 60 jours une assemblée générale extraordinaire à l'effet d'élire un nouveau président de la fédération, pour la durée restante du mandat, dans les conditions fixées par les règlements en vigueur, et ce après saisine du ministre chargé des sports"

    Ainsi donc la FAE a été hors la loi depuis que cet intérim a été prolongé et sans qu'un nouveau président ne soit élu pour remplacer M. Bernaoui. Personne alors ne s'en était offusqué et cette fédération a continué de fonctionner ainsi jusqu'au retour à son poste de président de M. Bernaoui, retour acté par un PV de l'assemblée générale ordinaire de cette fédération.

    Ceux qui suivent l'actualité politique française sont habitués à voir un ministre reprendre son poste de maire dont l'intérim avait été confié à son premier adjoint et ce dès qu'est prononcée sa fin de fonction en tant que ministre. De là à s'inspirer de cette jurisprudence française pour détourner une loi algérienne et instaurer un intérim qui aura duré du 1er avril 2019 au 2 janvier 2020 soit 8 mois pleins est une véritable hérésie.

    La FAE est donc exclue, toujours d'après le communiqué du COA, de l'Assemblée Générale du COA en attendant qu'elle se mette en règle avec les règlements qui régissent les fédérations nationales et le COA. Donc on est bien parti pour assister, bientôt, à une Assemblée élective au sein de la fédération d'escrime ce qui lui permettra de reprendre sa place légitime au sein du COA.

    D'ici là, M. Bernaoui aura beau jeu de crier à qui veut bien l'entendre qu'il est "victime d'une cabale" pour l'empêcher de briguer le poste de président du COA. Toutefois, il devrait se réjouir de l'interdiction qui lui a été signifiée car cela va lui éviter une humiliation s'il s'était présenté au vote de l'AG du COA.

    Pensez-vous un instant que ses pairs l'auraient porté à leur tête lui qui a déclaré sans sourciller alors qu'il était ministre que c'est "grâce à sa baraka que les footballeurs algériens avaient gagné la CAN, leur unique but étant tombé miraculeusement du ciel".

    M. Bernaoui aurait-il la mémoire courte au point d'avoir oublié comment il a nommé et dans la foulée dégommé un Directeur de la Jeunesse et des Sports à Tizi Ouzou sous le fallacieux prétexte que ce DJS était en même temps président de la fédération de lute. Dans le même temps, d'autres DJS, dans une situation identique, avaient été maintenus  à leurs postes.

    La ou le futur(e)  président(e) du COA qui achèvera le mandat de M. Berraf (qui va courir jusqu'à l'année qui suit les JO de Tokyo, d'après les statuts du COA) se doit de ramener la sérénité dans les rangs du mouvement sportif algérien qui a connu trop de remous tout au long de ces dernières années.



mardi 1 septembre 2020

Tapis rouge pour une réélection


 J'ai arrêté d'écrire cette chronique depuis 6 ans presque jour pour jour. 

Ce qui m'a incité à la reprendre, c'est l'indigence des commentaires sportifs dans la presse algérienne. Je reprends donc ce blog pour permettre aux sportifs, qui n'ont pas d’œillères et qui ne font pas preuve de chauvinisme, d'avoir un autre son de cloche, un autre point de point de vue, un décryptage aussi neutre que peut le permettre un travail journalistique bien pensé et loin de toute tutelle.

Et la neutralité en sport (comme d'ailleurs dans tous les domaines d'information), c'est le fonds qui manque... le plus! 

Depuis deux jours, un certain commentateur, sur une certaine chaîne de radio est en train de "chauffer la derbouka" pour les élections à la tête de la FAF qui n'auront lieu ... qu'en mars prochain. Hier il a descendu en flèche un éventuel candidat issu des rangs de la FAF en disant de lui qu'il n'a pas d'expérience ET DANS LE MÊME TEMPS, il encense l'actuel président de la FAF qui, soit dit en passant, n'avait aucune expérience lorsqu'il a été "projeté" à la tête de cette fédération. Et voilà que notre commentateur récidive aujourd'hui en précisant que si Zetchi avait annoncé qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession, c'est parce qu'il avait été soumis à des critiques et que rien n'empêche qu'il puisse revenir sur sa décision. "Pour pouvoir continuer son oeuvre"...

Ben voyons! On n'est pas dupes!

Une certaine presse va donc dérouler le tapis rouge à l'actuel président pour qu'il se porte candidat en mars. Ce stratagème du "je me retire mais je reviens à la demande de la vox populi" n'est pas nouveau en sport. Il a été adopté avec succès par un certain président de la JSK qui au moindre accroc annonçait sa démission pour revenir dessus quelque temps plus tard.

Vous êtes donc avertis: la campagne pour le siège de président de la FAF a été officiellement lancée et Zetchi sans grande surprise sera candidat!

Ah ce Zetchi dont certains laudateurs vont encenser le bilan!

Ils vous diront "c'est lui qui a lancé les centres de formation", "c'est lui qui a lancé la DNCG à l'algérienne qui interdira de recrutement les clubs défaillants sur le plan financier"... Ah oui c'est ça son bilan? Avoir ré-orienté les fonds pour la construction d'un hôtel "made in" FAF vers des centres de formation qui sont encore loin d'être opérationnels...?

Ben non, il y a le nouveau système de compétition, vous diront ces laudateurs intéressés...

Parlons-en de ce système qui bien avant d'être "transformé" par la pandémie était déjà une fausse bonne idée. 

Porter de 16 à 18 le nombre de clubs de ligue Pro dans un championnat aussi faible, c'est faire preuve de courte vue. Depuis des années, le titre ne se joue qu'entre 5 ou 6 clubs, augmenter l'effectif de deux autres clubs, c'est augmenter le nombre des formations qui vont lutter pour le maintien, un point c'est tout!

Accroître le nombre de clubs, c'est multiplier le nombre de formations qui souffriront de problèmes financiers car les déplacements seront plus fréquents et donc plus onéreux.

Rajoutons dans le bilan de ce "chef d'entreprise" réputé pour savoir "manager", l'attentisme flagrant dans la gestion de la crise Corona Virus. Cet attentisme puis la façon dont "la patate chaude" a été refilée à l'Assemblée Générale de la FAF pour qu'elle se prononce ou non sur l'arrêt de la compétition prouve bien que les principes du management n'ont pas été respectés. On ne tergiverse pas devant une situation de crise, on réagit et surtout on ne se replie pas derrière les autres quand une décision difficile doit être prise.

Et rebelote pour la formule de championnat pour la prochaine saison. 

On se retranche derrière "une sorte d'AG des clubs de ligue Pro" qui a finalement pris la plus mauvaise des décisions pour le football algérien. Chaque président de club voyant midi à sa porte, la majorité a rejeté la formule des deux groupes de 10 pour se lancer dans une folle aventure d'une ligue Pro (puisqu'on ne parlera plus de ligue 1 avec la disparition de la ligue 2) à ... 20 clubs! Alors que c'était insensé de porter ce nombre à 18, voilà que c'est suicidaire! 

Pire qu'une aventure, c'est de l'aventurisme!

Comment jouer 38 journées en débutant le championnat à la mi-novembre? "rabi ya3mal8a tawil" (Dieu s'en chargera)! 

Il est IMPOSSIBLE de ne pas déborder sur la prochaine saison quand on sait que certains matches vont être reportés pour de multiples raisons (météo et autres...), qu'il faudra tenir compte des dates FIFA, qu'il faudra caser les matches de coupe d'Algérie, que certains clubs vont jouer des compétitions africaines ou arabes et j'en passe!

Deux matches par semaine? Impensable avec les effectifs actuels des clubs (seuls 2/3 des joueurs sont utilisés au mieux) , la difficulté de se mouvoir d'une région à une autre, la faiblesse du nombre d'hôtels dans certaines régions, la difficulté de faire jouer certains matches en nocturne en raison de l'absence de projecteurs dans certains stades, le peu de stades disponibles dans certaines villes (par exemple le CRB et le NAHD utilisent tous deux le stade du 20 août), les moyens de récupération pratiquement inexistants et sans oublier les effets de la longue période d'inactivité due à la pandémie qui va entraîner moult blessures.

Donc contrairement à ce qui a été annoncé par le président de la LFP (Ligue pro), le championnat ne se terminera pas à fin juin (n'oublions pas la période de Ramadhan pendant laquelle il sera très difficile de jouer en plein soleil là où l'équipement en projecteurs est inexistant)! Vous verrez que les matches se poursuivront en pleine période estivale. Bonjour les effets dévastateurs sur la santé des joueurs.

Donc faisons le pari que les élections du mois de mars pour la présidence de la FAF, malgré tous les "cadeaux" faits aux clubs pro, se dérouleront dans un climat délétère car les choses auront empiré d'ici là!

Alors si une campagne de presse pour la ré-élection de Zetchi est en préparation, ce n'est qu'un secret de Polichinelle!

Messieurs "les grands penseurs" n'essayez pas de nous faire avaler des couleuvres, nous qui savons fort bien qu'il y a anguille sous roche! Ce n'est pas à de vieux singes qu'on apprendra à faire la grimace! 

anouiri@gmail.com