vendredi 17 juillet 2026

Dictons

Lakhbar ijibou8 atwala Aujourd’hui je vais vous parler de proverbes et de dictons et pour commencer rien de tel que celui qui est ci-dessus et dont voici une traduction : « l’information (véridique) ce sont les derniers arrivants qui la ramèneront ». Pourquoi je pense à cette phrase lourde de sens et pleine de sagesse ? Simplement en écoutant l’émission Football Magazine de ce vendredi 17 juillet. Comme à son habitude, Maamar Djebbour, le chef d’orchestre a tout fait pour éviter d’aller à l’essentiel en évoquant cette fameuse réunion du « collège technique » tenue la veille. Je ne m’attarderai pas sur sa composition car quels qu’en soient les membres, ils auraient voté à l’unanimité « la fin de fonction de Petkovic ». Oui l’essentiel, ce n’est pas que l’on puisse ramener la tête du Bosno-Suisse sur un plateau d’argent. Non, comme le disait le générique de la série « X Files aux frontières du réel » : The truth is out there (la vérité est ailleurs). Et ça le « Mossiou fotballe » de la chaîne 3 feint de l’ignorer. Ce n’est pas important car les auditeurs, eux, savent bien que le directeur technique cité dans Football magazine n’est qu’un bouc émissaire. Le vrai et le seul responsable a pour nom Walid Sadi mais n’attendez pas de Maamar Djebbour qu’il le pointe du doigt : le ministre-président de la FAF est toujours en poste alors, on ne le critique pas ! Donc, on fait semblant que cette réunion du collège technique allait sortir avec de grandes propositions : comment croire que Petkovic pourrait se séparer de son staff et accepter de séjourner 3 semaines par mois en Algérie ? Seuls ceux qui ignorent les méandres de la balle ronde peuvent croire que « cette pression » allait avoir raison de Petkovic et le pousser à la démission. « At’ghatiw achamss bal gharbal » (vous voulez cacher le soleil avec un tamis). Oui, la vérité est bien ailleurs !
Qui a mis la charrue avant les bœufs en reconduisant le contrat de Petkovic pour deux années supplémentaires (avec augmentation de salaire à la clé) et sans consulter ni ce fameux collège des techniciens et encore moins son bureau fédéral ? Mais c’est bien sûr, le génie de la FAF et ce juste quelques jours avant que ne commence la coupe du monde. Il se précipitera aussi pour déclarer fièrement : « j’avais peur qu’on nous le pique ». A 160 000 euros par mois, ils ne se seraient pas bousculés au portillon, les demandeurs du savoir petkovicien ! Et pourtant c’est bien avant le lancement de ce Mondial qu’on aurait eu besoin des avis de ces techniciens émérites. Que nenni, le président de la FAF est seul maître à bord. La FAF ? Ah oui, cette Fabrique Automatisée de Farces et attrapes. Et cette farce-ci va être dure à faire avaler à une opinion publique qui ne s’est pas encore remise de ce large sourire de l’Helvète lorsqu’il donna l’accolade à ses (supposés) adversaires d’un jour après leur qualification face aux Fennecs. Oui, il y a des choses qui restent en travers de la gorge du plus humble des Algériens qui a vibré pour son équipe et qui voit son sélectionneur s’en détacher sans aucun état d’âme. Oui, on aurait aimé que Petkovic montre un peu de compassion pour nos Verts. Mais le problème n’est pas là ! Comment voudrait-on faire croire au peuple algérien qu’un simple collège technique, fût-il composé de l’ancien sélectionneur national, de responsables de sélections des jeunes Fennecs, du directeur technique national, d’anciens internationaux et de quelques techniciens de clubs de l’élite, puisse faire oublier l’amertume ressentie suite à l’élimination face à la Suisse? Non, « une hirondelle ne fait pas le printemps » et « Quand je veux enterrer une affaire, je crée une commission ». Cette célèbre maxime de Georges Clemenceau illustre avec cynisme l'art de vouloir gagner du temps en confiant un problème épineux à un groupe d'étude pour éviter de prendre une décision immédiate. Car en fait, la vérité est ailleurs ! L’affaire ce n’est pas celle de Petkovic mais bien celle de Sadi. Le Suisse fort de son contrat ne changera rien à son organisation (il va garder tous ses adjoints) ni à ses habitudes (il ne séjournera en Algérie que le strict minimum) et il ira au bout de son contrat ! Cela, il faudra bien s’y faire! Mais son vis-à-vis risque fort de ne plus être ce ministre-président car « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise » et pour Walid Sadi, « les carottes sont cuites » comme le disait le célèbre Hachemi Hantaz, commentateur sportif oranais (qu’il repose en paix). Et nous, contrairement à Football magazine, nous appelons chat un chat ! A bon entendeur, salut et puissions-nous tirer toutes les leçons de cette mésaventure car « à beau mentir qui vient de loin » (comme un certrain Petkovic).

dimanche 5 juillet 2026

Précipitation

Le 24 janvier 2024, Sadi annonçait avoir trouvé un accord à l’amiable pour une démission de Belmadi après une autre élimination en phase de poule de la CAN organisée cette fois par la Côte d’Ivoire. Le président de la FAF avait réagi promptement et c’est à l’hôtel même où résidaient les Fennecs que cette démission aurait été obtenue. Il fallait circonscrire l’incendie avant qu’il ne fasse des dégâts. En 2026, le ministre-président a fait mieux puisqu’il a obtenu la fin de contrat de Petkovic et dans la foulée, il fait fuiter par le canal du journal Compétition la nomination d’Antar Yahia comme successeur du Suisse. Là il fallait faire encore plus vite car le feu était dans la bergerie et il risquait de l’emporter lui et tout son bureau fédéral. Des vidéos provenant de Vancouver montraient des supporters aux abords de l’hôtel des Verts scandant : « Sadi démission » !
De nombreux observateurs algériens et étrangers sont revenus sur le renouvellement précipité de contrat de Petkovic (avec augmentation de salaire) en s’interrogeant sur le pourquoi d’un tel arrangement avant même le début de la coupe du monde. Lors de l’intronisation du Bosno-Suisse, une commission composée de techniciens (dont le directeur technique national Ameur Mansoul comme président ainsi que l’ancien entraineur national Rabah Saadane) avait donné son feu vert à la nomination de Petkovic après avoir examiné plusieurs CV. Cette fois-ci, par contre, la seule responsabilité de Sadi serait pleinement engagée. Il se dit même que cette extension de contrat ne figurerait même pas à l’ordre du jour d’une quelconque réunion du bureau exécutif. Et voici comment le président Sadi pensait couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs : frapper fort, rapidement et donner à la plèbe ce qu’elle demandait, à savoir une figure emblématique du football algérien à la tête des Verts. Mais voilà, dans cette course de vitesse effrénée, l’ancien protégé de Raouraoua a choisi le CV le plus léger pour un sélectionneur national depuis l’indépendance. Chroniqueur sur Al24News pendant cette coupe du monde, Anthar Yahia n’a comme expérience qu’une pige comme entraineur des U19 d’Angers ancien pensionnaire de nationale 3 puis relégué en régionale et qui a mis depuis la clé sous le paillasson. Avant d’être sur le terrain, cet ancien international, qui ne possède que le diplôme A de l’UEFA, avait occupé diverses fonctions de dirigeant notamment à Orléans et à l’USMAlger. Madjer avait un CV plus étoffé. Cette fuite en avant pourrait être fort préjudiciable au football algérien qui risque de connaître bien des soubresauts. Un retour au calme ne pourra intervenir que lorsque toutes les erreurs commises par les uns et les autres auront été clairement définies et leurs auteurs nommément identifiés. On ne peut faire l’économie d’une véritable introspection voire d’un large check-up car l’AG de la FAF n’est pas exempte de tout reproche, elle qui laisse faire ! On ne bâtit pas sur du sable ! Cela, il faudra bien en tenir compte.
PS: la nuit porte conseil dit-on ! Je me suis trouvé pendant quelques heures comme cette captive de Barbe bleue, dans ce conte de Charles Perrault, qui disait: "Anne sœur Anne, ne vois-tu rien venir...?" et pour moi aussi la réponse devenait évidente : "Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie"! Point de communiqué officiel de la FAF confirmant la nomination d'Anthar Yahia! Et si moi aussi, comme tant d'autres confrères, je m'étais précipité pour rédiger cette chronique? Ainsi cette info lancée par la journaliste de Compétition sur sa vidéo et relayée par certains journalistes que je connais ne serait qu'un attrape-nigaud? Et pourtant, elle s'était répandue comme une trainée de poudre. Un simple ballon d'essai pour tester la réaction de l'opinion publique (avec la complicité volontaire ou non de ma consœur)? Quoiqu'il en soit cette chronique reste de mise car pour l'essentiel, ce n'est pas sur le nom du futur sélectionneur qu'elle se cristallise mais bien sur la manière de le désigner. Des développements ultérieurs vont avoir lieu et très probablement on apprendra que l'annonce de la nomination de ce néophyte n'était qu'un leurre... Wait and see!

dimanche 28 juin 2026

La 70ème

Quand on a l’ambition de reprendre un blog débuté en 2014, du temps où j’avais une chronique hebdomadaire à la chaine 3 (tous les samedis matins) et lequel blog a été poursuivi avec d’autres chroniques hebdomadaire (cette fois publiées dans El Moudjahid), mais que j'ai honteusement délaissé par la suite (pendant de longues années), il faut s’astreindre à une certaine discipline (surtout quand aucun organe n’attend vos écrits). Pour alimenter ce blog pendant cette coupe du monde, ce ne sont pas les thèmes qui manquent. Sincèrement je me préparais à jeter l’anathème sur une certaine FIFA, vestibule, s'il en faut, du Grand Capital et les idées ne manquaient pas. Mais, au moment d’écrire cette chronique, un autre sujet s’est imposé de lui-même. On vient de faire trembler l’Autriche (qui l’espace de 90 secondes s’est vue jeter à la rue) sans crier gare ! Bon le football est ce qu’il est : Moi, je ne parle pas de revanche au regard de ce match dit "de la honte" de 1982 (qui nous avait éliminé au profit d’une Allemagne que nous avions pourtant terrassée). Mais à quoi bon ressasser ces mauvais souvenirs, « li fat mat » (ce qui est passé est passé). Ecrire sur la FIFA alors que nos Fennecs viennent de se qualifier pour les seizièmes de finale ? Que non ! Son tour viendra bien assez tôt à cette Fabrique Industrielle de Fric Audiovisuel. Par contre parler de Lawrence, c’est maintenant car on ne sait pas ce que nous réserveront les Helvétiques (tiens Petkovic, n’est-il pas suisse lui-même et n’a-t-il pas été leur entraîneur au moment où ils avaient battu l’équipe tricolore ? Bizarre, comme c’est bizarre). Oui, il me faut vous parler de Lawrence -et pas d’Arabie- mais d’Algérie, comme l’a si bien trouvé mon ami Aziz Farès, mon ancien collègue de la radio, de son lointain Canada. Lawrence, ville du Kansas, aurait été méconnue de l’ensemble des Algériens si nos Verts n’y avaient pas établi leur camp de base. Et oh surprise, ce fut le coup de foudre ! Oui, cela peut arriver et nous en sommes les témoins, une ville de 90 000 habitants est tombée amoureuse de notre équipe nationale. Il n’y a pas d’amour dit-on, il n’y a que des preuves d’amour et dans ce registre, nos hôtes n’en ont pas été avares.
Dès leur arrivée à Lawrence, les coéquipiers de Mahrez ont pu mesurer la ferveur qui régnait dans cette ville (et pas seulement parce que certains Algériens des quatre coins des Etats-Unis s’y étaient donné rendez-vous pour acclamer leurs idoles). Non, le spectacle, ce ne sont pas que nos compatriotes qui l’ont animé. Des habitants de tous âges et des deux sexes ont depuis l’arrivée des Verts dans leur ville multiplié les gestes d’affection. Tous les jours, je me suis amusé à partager dans le groupe Parlons sport sur Facebook des vidéos qui me provenaient de Lawrence : là, c’est un artiste célèbre qui a tracé sur une pelouse notre emblème national et qui a mobilisé plus de 150 personnes, qui habillées en vert, qui en blanc et qui en rouge et qui ont reproduit un drapeau géant, « vivant », filmé à partir d’un drone. La fanfare de l’université de Lawrence n’est pas demeurée en reste, elle qui a entonné notre hymne national dans le stade où s’entrainaient les Maza, Hadj Moussa et autre Luca Zidane. Bientôt, l’on vit de jeunes Américains, revêtus de notre maillot national, déambuler dans les rues en chantant "One two three viva l'Algérie". Les magasins affichaient sur leurs vitrines des posters de notre sélection nationale tout en y accrochant des drapeaux algériens. Les chaînes de télé locales s’en sont donné à cœur joie : des directs à toute heure de la journée avec interviews à l’appui et des envoyés spéciaux tout acquis à la cause algérienne. Notre ambassadeur aux USA a quant à lui été accueilli, en grandes pompes, par le maire de la ville et l’on parle déjà d’un jumelage avec une ville algérienne. Alors pour ajouter ma petite pierre à l’édifice de cette amitié naissante entre une ville américaine qui découvre le soccer en même temps que l’équipe algérienne, je propose que ce jumelage se fasse avec Labiodh Sidi Cheikh, notre 69ème wilaya. Ainsi, les habitants du Kansas, et de Lawrence en particulier, pourront-ils découvrir cette région, ancrée dans le piémont saharien et qui s'étend jusqu'à l'extrémité méridio-orientale des Monts des Ksour. D’une altitude d'environ 780 mètres, cette wilaya, nouvellement créée, est limitrophe de celle d'El Bayadh, dont le club a participé, la saison dernière, au championnat professionnel de Ligue 1. Et voilà comment le ballon rond unit les peuples. L’idée mérite d’être creusée et sait-on jamais, un jour prochain, Lawrence, ne pouvant plus se passer du drapeau algérien, demandera, par referendum de ses habitants, à se détacher des Etats-Unis d’Amérique pour devenir la 70ème wilaya d’Algérie. Et ainsi se poursuivra le conte de fée …

dimanche 21 juin 2026

A fric foot

La FIFA reconnaît l'erreur (la faute?) de la VAR mais le résultat sera inchangé car selon la Loi 5 de l'IFAB, les décisions de l'arbitre sur les faits liés au jeu sont définitives. Même si la FIFA admet publiquement une erreur d'arbitrage — comme cela a été rapporté après ce match —, le score de 3-0 en faveur de l'Argentine est définitivement validé et la rencontre ne sera pas rejouée. Alors pourquoi la CAF n'a pas fait la même chose pour la finale de la CAN? Pourquoi avoir déclaré le Maroc vainqueur sur tapis vert? Cela vous donne une idée sur ce que sera la décision prochaine du Tribunal Arbitral du Sport (qui siège à Lausanne) qui sera rendue après la coupe du Monde (juste pour ne pas briser le moral des Marocains durant ce Mondial). Le Sénégal sait que l'on ne peut inverser le résultat acquis sur le terrain même si une erreur a été commise par l'arbitre. La CAF elle aussi le sait fort bien, alors pourquoi toutes ces simagrées, toute cette hypocrisie ? Juste pour calmer pour un temps (une année) la rue marocaine.
La CAF s'est déconsidérée en se prêtant à ce jeu de coulisses nauséabond au service du régime chérifien ! Il est temps que l'Afrique fasse entendre sa voix et qu'elle se débarrasse de cette valetaille vendue corps et âme aux intérêts financiers malfaisants. Mandela doit se retourner dans sa tombe de savoir que son pays compte dans ses rangs un individu tel Motsepe, président sud-africain de la CAF parachuté par la FIFA et le capital international. Une marionnette qui fait honte à tout un continent ! Les membres de la CAF devront dorénavant se rebeller ou se démettre: plus personne ne doit jouer à la politique de l'autruche et dire: "je ne savais pas". À moins d'être soi-même un fieffé coquin et un complice patenté du grand marionnetiste.

jeudi 11 juin 2026

Infantilisme

Peut-on vraiment croire à la sincérité de Gianni Infantino quand il déclare qu’il est pour la libération du journaliste français de So Foot, emprisonné depuis plus d’un an en Algérie ? Pense-t-il réellement que c’est en faisant cette mise en scène de la chaise vide qu’il va contribuer à sa libération prochaine ? Parfois, pour ne pas dire souvent, ceux qui versent des larmes de crocodiles devant les caméras sont ceux qui sont les plus satisfaits du sort qui vous est fait. Le président de la FIFA sait pertinemment que ce n’est pas ainsi que l’on obtiendra gain de cause : une grâce ne s’arrache pas à la force du poignet, elle se quémande. Gianni en bon italien (d’origine), féru de la comedia dell’arte, avance masqué tel un Arlequin tout en jouant au Matamore. Avait-il besoin de cet acte de bravade pour demander la libération d’un journaliste, certes, mais qui n’a pas été condamné en tant que tel par la justice algérienne ? N’a-t-il pas eu le loisir de s’entretenir de ce sujet avec le président algérien lors de l’entrevue qui lui fut accordée par celui-ci le 09 avril 26 ? Au sortir de celle-ci, le number one de la FIFA n’avait-il pas déclaré : « President Tebboune is a great man ». Dans le secret des alcôves, le cas Gleizes a-t-il été évoqué ? Si oui, pourquoi donc revenir à la charge ? En cas de grâce dans les prochains jours, Gianni dira à qui voudra l’entendre : « vous voyez, c’est grâce à moi que cette chaise n’est pas restée vide jusqu’à la finale de la coupe du Monde » et dans le cas contraire, il pourra toujours se targuer d’avoir tout fait pour obtenir la libération du journaliste de So Foot. On appelle cela « gagner à tous les coups ». Ce ne peut-être qu’une victoire à la Pyrrhus car son règne sera marqué à jamais par le larbinisme et la soumission au cowboy qui règne à Washington : le refus de laisser entrer le meilleur arbitre africain sur le territoire américain sans qu’il n’y voie une quelconque entrave au bon déroulement de ce Mondial restera comme LA tache indélébile, symbole d’une mauvaise gestion de ce rendez-vous planétaire par cette grande organisation sportive qui compte plus de membres que l’ONU. Oui, le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit mais Gianni n’en n’a cure, signe évident d’un infantilisme avéré.