dimanche 5 juillet 2026

Précipitation

Le 24 janvier 2024, Sadi annonçait avoir trouvé un accord à l’amiable pour une démission de Belmadi après une autre élimination en phase de poule de la CAN organisée cette fois par la Côte d’Ivoire. Le président de la FAF avait réagi promptement et c’est à l’hôtel même où résidaient les Fennecs que cette démission aurait été obtenue. Il fallait circonscrire l’incendie avant qu’il ne fasse des dégâts. En 2026, le ministre-président a fait mieux puisqu’il a obtenu la fin de contrat de Petkovic et dans la foulée, il fait fuiter par le canal du journal Compétition la nomination d’Antar Yahia comme successeur du Suisse. Là il fallait faire encore plus vite car le feu était dans la bergerie et il risquait de l’emporter lui et tout son bureau fédéral. Des vidéos provenant de Vancouver montraient des supporters aux abords de l’hôtel des Verts scandant : « Sadi démission » !
De nombreux observateurs algériens et étrangers sont revenus sur le renouvellement précipité de contrat de Petkovic (avec augmentation de salaire) en s’interrogeant sur le pourquoi d’un tel arrangement avant même le début de la coupe du monde. Lors de l’intronisation du Bosno-Suisse, une commission composée de techniciens (dont le directeur technique national Ameur Mansoul comme président ainsi que l’ancien entraineur national Rabah Saadane) avait donné son feu vert à la nomination de Petkovic après avoir examiné plusieurs CV. Cette fois-ci, par contre, la seule responsabilité de Sadi serait pleinement engagée. Il se dit même que cette extension de contrat ne figurerait même pas à l’ordre du jour d’une quelconque réunion du bureau exécutif. Et voici comment le président Sadi pensait couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs : frapper fort, rapidement et donner à la plèbe ce qu’elle demandait, à savoir une figure emblématique du football algérien à la tête des Verts. Mais voilà, dans cette course de vitesse effrénée, l’ancien protégé de Raouraoua a choisi le CV le plus léger pour un sélectionneur national depuis l’indépendance. Chroniqueur sur Al24News pendant cette coupe du monde, Anthar Yahia n’a comme expérience qu’une pige comme entraineur des U19 d’Angers ancien pensionnaire de nationale 3 puis relégué en régionale et qui a mis depuis la clé sous le paillasson. Avant d’être sur le terrain, cet ancien international, qui ne possède que le diplôme A de l’UEFA, avait occupé diverses fonctions de dirigeant notamment à Orléans et à l’USMAlger. Madjer avait un CV plus étoffé. Cette fuite en avant pourrait être fort préjudiciable au football algérien qui risque de connaître bien des soubresauts. Un retour au calme ne pourra intervenir que lorsque toutes les erreurs commises par les uns et les autres auront été clairement définies et leurs auteurs nommément identifiés. On ne peut faire l’économie d’une véritable introspection voire d’un large check-up car l’AG de la FAF n’est pas exempte de tout reproche, elle qui laisse faire ! On ne bâtit pas sur du sable ! Cela, il faudra bien en tenir compte.